INTERFÉROMÈTRE DU PLATEAU DE BURE
Perché à 2 550 mètres d’altitude dans le massif du Dévoluy, le Plateau de Bure abrite l’un des observatoires les plus puissants de la planète. Ce décor lunaire, souvent balayé par les vents et la neige, est le terrain de jeu de l’interféromètre NOEMA.
C’est actuellement l’observatoire radio-millimétrique le plus puissant de tout l’hémisphère Nord. Grâce à ses installations de pointe, il permet aux chercheurs d’explorer les recoins les plus lointains de notre galaxie.
NOEMA est l’acronyme de Northern Extended Millimeter Array (en français : Grand réseau millimétrique étendu de l’hémisphère nord) NOEMA est un interféromètre. Au lieu d’avoir un seul miroir géant, on utilise 12 antennes séparées. En combinant les signaux de toutes ces antennes grâce à un supercalculateur, on obtient une précision d’image équivalente à celle d’un télescope qui mesurerait plus d’un kilomètre de large !
Ce ne sont pas de simples télescopes, mais un réseau de 12 antennes géantes de 15 mètres de diamètre chacune, pesant plusieurs centaines de tonnes. Contrairement aux appareils classiques, ces paraboles ne « regardent » pas la lumière visible ; elles captent les ondes millimétriques, ce qui permet d’étudier la naissance des étoiles et des galaxies situées à des milliards d’années-lumière. À cette hauteur, l’atmosphère est très fine et surtout extrêmement sèche, une condition vitale car la vapeur d’eau bloquerait les signaux très faibles venus de l’espace. En montant si haut, les chercheurs s’offrent ainsi une fenêtre dégagée sur les confins de l’Univers.
L’une des particularités les plus incroyables du site est que ces géantes de métal sont mobiles. Elles reposent sur des rails géants qui s’étendent sur près de 1,7 kilomètre. En écartant les antennes les unes des autres, les astronomes obtiennent une précision incroyable, fonctionnant comme un télescope virtuel géant de plusieurs kilomètres de large.
Entre décor de science-fiction et prouesse technologique, ce site ne ressemble à aucun autre endroit sur Terre. Pour atteindre ce village de paraboles futuristes, il faut le mériter : ici, l’air est rare et le climat peut être d’une violence inouïe. C’est pourtant précisément cet isolement et cette altitude qui intéressent les scientifiques.
Le Plateau de Bure, avec son allure de base lunaire ou de repaire de méchant de James Bond, est un véritable aimant pour les réalisateurs en quête de décors grandioses et hors du monde. Le septième art s’en est emparé à plusieurs reprises, notamment pour le final sous haute tension du film Les Rivières Pourpres en 2000. Le site a également servi de décor à la série La Guerre des Mondes en 2019, où son aspect désolé et futuriste permettait de simuler des paysages d’Antarctique parfaits pour une ambiance d’invasion extraterrestre.
Enfin, des chaînes comme Arte ou France 5 y posent régulièrement leurs caméras pour des documentaires. C’est en effet l’un des rares endroits au monde capable d’illustrer la quête des origines de l’Univers avec des images aussi graphiques et puissantes. C’est, en résumé, un véritable balcon sur l’infini.






































































